Le One Health Summit, prévu à Lyon du 5 au 7 avril 2026, vise à établir des engagements concrets autour du concept d'« Une seule santé ». Dans un contexte de réduction des financements français en santé mondiale, le sommet abordera des thématiques cruciales telles que la gouvernance, la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, ainsi que les impacts environnementaux sur la santé. Les résultats du sommet pourraient influencer les stratégies de santé publique à l’échelle mondiale.
Du 5 au 7 avril 2026, la ville de Lyon sera le théâtre du One Health Summit, organisé dans le cadre de la présidence française du G7. Cet événement ambitionne de transformer le concept scientifique d'« Une seule santé » en engagements concrets, en réunissant plus de quarante États, des organisations internationales, des scientifiques et des acteurs privés.
Un contexte préoccupant pour la santé mondiale
Le sommet intervient dans un contexte de réduction des financements français en santé mondiale, soulevant des interrogations sur l'impact réel de cette mobilisation. Malgré l’ambition affichée, la France a décidé de diminuer de manière significative sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, prévoyant seulement 660 millions d’euros pour les années à venir, soit un milliard de moins que lors du cycle précédent.
Le concept d'« Une seule santé »
Ce concept, adopté par des organismes tels que la FAO, le PNUE, l'OMSA et l'OMS, repose sur l'idée que la santé humaine, animale et environnementale sont interconnectées. Environ 60 % des maladies infectieuses humaines proviennent des animaux, et près de 75 % des maladies infectieuses émergentes des dernières décennies ont une origine animale.
Les objectifs du sommet
Le One Health Summit vise à anticiper les crises sanitaires en intégrant des facteurs souvent traités séparément, tels que le changement climatique, la biodiversité, les systèmes alimentaires et la pollution. Les discussions seront axées autour de trois grands thèmes :
- Gouvernance : Améliorer la coordination internationale, le partage des données et la détection précoce des risques sanitaires, notamment dans un contexte de désengagement américain de l'OMS.
- Maladies transmissibles : Renforcer la surveillance des zoonoses et répondre à la menace de la résistance aux antibiotiques.
- Maladies non transmissibles : Aborder les déterminants environnementaux comme la pollution, l'alimentation et la dégradation des écosystèmes.
Thématiques prioritaires du sommet
Quatre domaines spécifiques seront au cœur des discussions :
- Réservoirs zoonotiques et vecteurs de maladies
- Résistance aux antimicrobiens, responsable d’au moins 1,27 million de décès directs par an
- Systèmes alimentaires durables
- Exposition aux pollutions
Les discussions doivent conduire à des annonces politiques concrètes, regroupées dans les « Engagements de Lyon », qui seront présentés lors de la séquence de haut niveau du 7 avril.
La France et son rôle dans la gouvernance sanitaire mondiale
Au-delà des annonces politiques, la France cherche à réaffirmer son rôle de leader dans la gouvernance sanitaire mondiale et à promouvoir un multilatéralisme d’action. Le sommet s'inscrit dans une dynamique plus large, intégrant des initiatives comme PREZODE, un réseau international de recherche dédié à la prévention des pandémies, ainsi que les discussions en cours avec l'OMS concernant la réforme de l'architecture sanitaire mondiale.
Défis à relever
Cette ambition se heurte cependant à un contexte économique et budgétaire difficile. La réduction des contributions françaises soulève des inquiétudes quant à la capacité à mobiliser des ressources durables, essentielles pour crédibiliser les engagements pris à Lyon. Dans un monde marqué par des tensions géopolitiques et une fragmentation des financements internationaux, la capacité à rassembler des fonds pour la santé mondiale sera déterminante.
Conclusion
Le One Health Summit de Lyon représente une opportunité unique pour renforcer l'engagement mondial en matière de santé. Les résultats de ce sommet pourraient façonner les stratégies de santé publique des années à venir, en intégrant les enjeux environnementaux et animaux dans la lutte contre les crises sanitaires.
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