Le One Health Summit, prévu à Lyon du 5 au 7 avril 2026, vise à concrétiser le concept de 'Une seule santé' en rassemblant des États, des organisations internationales et des acteurs privés. Les discussions porteront sur la gouvernance, la lutte contre les maladies transmissibles, et les maladies non transmissibles, tout en tenant compte des défis budgétaires et de la nécessité de mobiliser des ressources pour répondre aux enjeux sanitaires globaux.
Du 5 au 7 avril 2026, la ville de Lyon se prépare à accueillir le One Health Summit, une rencontre internationale qui vise à concrétiser le concept de 'Une seule santé' dans le cadre de la présidence française du G7. Cet événement rassemblera plus de quarante États, des organisations internationales, des scientifiques et des acteurs du secteur privé, tous unis par un objectif commun : traduire en actions concrètes les interconnexions entre santé humaine, animale et environnementale.
Une Approche Holistique de la Santé
Le concept de 'Une seule santé', introduit en 2004 et reconnu par des institutions telles que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), repose sur l'idée que la santé humaine, animale et environnementale est étroitement liée. Environ 60 % des maladies infectieuses humaines proviennent d'animaux, et près de 75 % des maladies infectieuses émergentes identifiées au cours des dernières décennies ont leur origine dans le règne animal.
Anticiper les Crises Sanitaires
Le sommet de Lyon a pour ambition de passer de la recherche à l'action, en intégrant des facteurs souvent traités de manière isolée tels que le climat, la biodiversité, les systèmes alimentaires et la pollution. Trois grands axes structureront les discussions :
- Gouvernance : Améliorer la coordination internationale, le partage des données et la détection précoce des risques sanitaires, particulièrement pertinent dans un contexte où les États-Unis se désengagent de l'OMS.
- Lutte contre les maladies transmissibles : Renforcer la surveillance des zoonoses et répondre à l'antibiorésistance.
- Maladies non transmissibles : Aborder les déterminants environnementaux, notamment la pollution, l'alimentation et la dégradation des écosystèmes.
Des Objectifs Concrets pour un Impact Réel
Les travaux thématiques du sommet se concentreront sur quatre domaines spécifiques :
- Réservoirs zoonotiques et vecteurs de maladies.
- Résistance aux antimicrobiens, responsable d'au moins 1,27 million de décès directs par an.
- Systèmes alimentaires durables.
- Exposition aux pollutions.
Les discussions aboutiront à des annonces politiques réunies dans les 'Engagements de Lyon', qui seront présentés lors de la séquence de haut niveau du 7 avril. Au-delà des annonces, la France souhaite réaffirmer son rôle dans la gouvernance sanitaire mondiale et promouvoir un multilatéralisme d'action.
Un Contexte Économique Préoccupant
Cependant, cette ambition se heurte à un contexte économique et budgétaire contraint. En effet, la France a décidé de réduire de manière significative sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, avec une prévision de 660 millions d'euros pour la période à venir, soit un milliard de moins que lors du cycle précédent. Cette inflexion est d'autant plus marquante que la France faisait jusqu'ici partie des principaux contributeurs de ce mécanisme essentiel pour la lutte contre ces maladies à l'échelle internationale.
Mobiliser des Ressources pour Crédibiliser les Engagements
Ce décalage entre le leadership politique affiché et la contraction des moyens financiers représente l'un des défis implicites du sommet. Dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques et la fragmentation des financements internationaux, la capacité à mobiliser des ressources durables est cruciale pour crédibiliser les engagements pris à Lyon.
Le One Health Summit s'inscrit dans une dynamique plus large, incluant des initiatives telles que PREZODE, un réseau international de recherche dédié à la prévention des pandémies, et des discussions en cours avec l'OMS sur la réforme de l'architecture sanitaire mondiale.
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