Le gouvernement américain a imposé des sanctions à des membres influents du régime nicaraguayen, dont les fils des coprésidents Daniel Ortega et Rosario Murillo, en raison de leur rôle dans un gouvernement jugé répressif et corrompu. Cette décision s'inscrit dans un contexte de répression croissante au Nicaragua depuis 2018, où des milliers d'organisations ont été fermées et des adversaires persécutés.
MEXICO CITY (AP) — Le gouvernement des États-Unis a annoncé jeudi des sanctions visant deux fils des coprésidents nicaraguayens, Daniel Ortega et Rosario Murillo, ainsi que d'autres responsables et entreprises liés à l'industrie de l'or du pays. Ces mesures ont été prises dans le cadre d'une volonté de contrer un gouvernement jugé répressif.
Pression croissante des États-Unis en Amérique latine
Ces sanctions du département du Trésor américain interviennent alors que le président américain, Donald Trump, exerce une pression plus forte sur les pays adversaires d'Amérique latine que tout autre président américain ces dernières années. Alors que les États-Unis accusent depuis longtemps le Nicaragua de répression, le pays avait jusqu'à présent échappé aux sanctions sévères imposées à d'autres nations comme Cuba et le Venezuela.
Une répression en cours depuis 2018
Le gouvernement nicaraguayen a intensifié sa répression contre la dissidence depuis les manifestations sociales massives de 2018, qui ont été violemment réprimées. Les fils d'Ortega et Murillo, Maurice Ortega et Daniel Edmundo Ortega, tous deux fonctionnaires du gouvernement, sont les personnalités les plus en vue sanctionnées jeudi. Selon le département du Trésor, cela est dû à leur rôle dans le gouvernement.
Réaction du gouvernement nicaraguayen
Le gouvernement du Nicaragua n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire concernant ces sanctions. Daniel Ortega, au pouvoir depuis longtemps, a officiellement désigné Murillo — sa femme et ancienne vice-présidente — comme coprésidente il y a un an. Des observateurs estiment que cette décision vise à consolider le contrôle familial sur le Nicaragua et à garantir que le pouvoir soit transmis à leurs enfants.
Corruption dans l'industrie de l'or
Dans un communiqué, le Trésor américain a déclaré que les autres entreprises et responsables sanctionnés utilisaient la corruption au sein de l'industrie aurifère pour alimenter les caisses de l'État. Plusieurs personnes sanctionnées étaient également impliquées dans la saisie, l'année dernière, d'une entreprise minière comprenant des investissements américains.
Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a déclaré : "Les États-Unis ne permettront pas la confiscation illicite des actifs appartenant à des Américains et continueront à cibler les sources de revenus qui renforcent le régime corrompu de Murillo-Ortega."
Répression systémique et exils
Le mois dernier, des experts de l'ONU ont affirmé que le gouvernement nicaraguayen utilisait la corruption comme un outil pour financer une répression politique systémique et rester au pouvoir. Le gouvernement a également emprisonné des adversaires, des chefs religieux, des journalistes, et plus encore, puis les a exilés, dépouillant des centaines d'entre eux de leur citoyenneté nicaraguayenne et de leurs biens.
Fermetures d'organisations
Depuis 2018, le gouvernement a fermé plus de 5 000 organisations, majoritairement religieuses, et contraint des milliers de personnes à fuir le pays. Le gouvernement accuse souvent les critiques et les organisations ciblées de travailler pour les États-Unis et ses ennemis afin de saper son pouvoir.
Conclusion
Ces sanctions marquent une escalade significative du rôle des États-Unis dans les affaires nicaraguayennes, soulignant l'importance croissante de la lutte contre la corruption et la répression politique dans la région.
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