Des explosions et des échanges de tirs ont été signalés à Bamako, alors que des groupes armés lancent des attaques coordonnées à travers le Mali. L'armée malienne réagit en tentant de repousser ces assaillants, tandis que des mesures de sécurité sont mises en place à Bamako. Les groupes jihadistes et séparatistes semblent travailler en coordination. La situation suscite des inquiétudes tant au niveau national qu'international.
Des explosions et des échanges de tirs soutenus ont été rapportés dans la capitale malienne, Bamako, alors que des groupes armés ont lancé des attaques coordonnées à travers tout le pays. Dans un communiqué publié le samedi soir, l'armée malienne a annoncé qu'elle s'efforçait de repousser ces assaillants, précisant que certains militants avaient déjà pris la fuite.
Zones touchées par les combats
Des combats ont également été signalés à Kati, où se trouve une importante base militaire, ainsi que dans les villes de Gao et Kidal au nord, et dans les villes centrales de Sevare et Mopti. Un analyste a qualifié ces attaques de plus grande offensive jihadiste depuis des années.
Les groupes impliqués dans les attaques
Le Mali fait face depuis plusieurs années à des insurrections menées par des groupes affiliés à al-Qaïda et à l'État islamique, ainsi qu'à un mouvement séparatiste dans le nord du pays. Selon des rapports, l'assaut a été principalement orchestré par le Front de Libération de l'Azawad (FLA), qui vise à établir un État tuareg indépendant. En revanche, le groupe jihadiste Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) a mené des attaques simultanées dans plusieurs régions du pays.
Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du FLA, a déclaré à la BBC : "Nous avons travaillé sur cette opération pendant longtemps, de manière bien planifiée, et en fait, en alliance avec [JNIM]. Il est difficile de trouver une solution sans leur participation, et il y avait coordination." De son côté, JNIM a confirmé dans un communiqué que ces attaques étaient le fruit d'une opération conjointe avec le FLA.
Les réactions de l'armée malienne
L'armée malienne a annoncé qu'elle était en train de combattre ce qu'elle décrit comme des groupes terroristes, affirmant qu'ils avaient été routés avec plusieurs centaines de morts à déplorer. Cependant, la BBC n'a pas pu vérifier de manière indépendante cette affirmation, et des indications suggèrent que les combats se poursuivent dans plusieurs zones.
Ramadane a déclaré : "Nous sommes à Kidal et elle n'est pas complètement tombée. Il reste encore des éléments de l'armée malienne et des mercenaires russes là-bas. Toutes les portes de Gao sont tombées, mais les camps de l'armée ne l'ont pas été." Il a également publié sur les réseaux sociaux que les forces du FLA avaient pris le contrôle de Kidal et étendaient leur présence au centre de Gao.
Mesures de sécurité à Bamako
À Bamako, des points de contrôle ont été établis sur les routes menant à l'aéroport, et les véhicules sont fouillés, selon des rapports. Un couvre-feu a été imposé de 21h00 à 06h00 heure locale pour les trois prochaines nuits. Un résident de Bamako, de retour d'Éthiopie, a déclaré à la BBC que tous les vols vers la ville avaient été annulés tôt samedi matin. Il n'est pas encore clair si les attaques signalées ont directement affecté l'aéroport.
Réactions internationales
Le Bureau des affaires étrangères du Royaume-Uni a déconseillé tout voyage au Mali suite aux attaques, ajoutant que l'aéroport international de Bamako avait été temporairement fermé. Ulf Laessing, responsable du programme Sahel à la Fondation Konrad Adenauer, a déclaré à la BBC que l'incident semblait être la plus grande attaque jihadiste coordonnée au Mali depuis des années.
Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'Union africaine, a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation, condamnant fermement ces actes qui mettent en danger les populations civiles. Le département d'État américain a également condamné les attaques, présentant ses plus sincères condoléances aux victimes et à leurs familles, et affirmant son soutien au peuple et au gouvernement malien face à cette violence.
Contexte historique
Le FLA lutte depuis des années pour la création de son propre pays tuareg dans le nord du Mali, une vaste région sur laquelle il exerce un contrôle effectif. Actuellement, le Mali est dirigé par une junte militaire sous la conduite du général Assimi Goïta, qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'État en 2020, promettant de rétablir la sécurité et de repousser les groupes armés. La junte avait bénéficié d'un soutien populaire lors de sa prise de pouvoir, promettant de s'attaquer à la crise de sécurité persistante provoquée par la rébellion tuareg dans le nord, qui a ensuite été détournée par des militants islamistes.
Les casques bleus de l'ONU et les forces françaises, déployés pour gérer l'insurrection croissante, ont quitté le pays après la prise de pouvoir de la junte, qui a engagé des mercenaires russes pour aider à faire face à l'insécurité. Cependant, l'insurrection jihadiste se poursuit et de vastes parties du nord et de l'est du pays échappent au contrôle du gouvernement.
Conclusion
La situation au Mali reste tendue et imprévisible, avec des implications profondes pour la sécurité de la région. Les attaques coordonnées des groupes armés signalent un tournant inquiétant qui pourrait avoir des conséquences durables pour la stabilité du pays.
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