L'Armée de l'air américaine a décidé de prolonger la carrière de l'A-10 Warthog jusqu'en 2030, évitant ainsi sa retraite anticipée prévue pour 2026. Ce choix vise à maintenir le soutien aérien aux troupes au sol, notamment dans le cadre du conflit avec l'Iran. Malgré les critiques sur son ancienneté, l'A-10 conserve un fort soutien politique et économique, notamment en Arizona.
Par Mike Stone
WASHINGTON, 20 avril (Reuters) - Le secrétaire de l'Armée de l'air américaine a annoncé la prolongation de la durée de vie de l'avion d'attaque A-10 "Warthog" jusqu'en 2030, épargnant cet appareil de soutien aérien rapproché, vieillissant mais très apprécié, d'une retraite prévue pour 2026.
Une décision stratégique
Dans un message sur les réseaux sociaux, le secrétaire de l'Armée de l'air, Troy Meink, a déclaré : "Nous allons prolonger la plateforme A-10 'Warthog' jusqu'en 2030", ajoutant que cette décision "préserve la puissance de combat alors que la Base industrielle de défense travaille à augmenter la production d'avions de combat." Cette annonce marque un nouveau chapitre dans la longue bataille concernant l'avenir de l'A-10, qui a effectué son premier vol en 1976 et qui a été sur la liste des appareils à retirer du service depuis plus de deux décennies.
Rôle essentiel dans le conflit actuel
L'A-10 a été déployé dans le cadre du conflit actuel avec l'Iran, selon le Commandement central des États-Unis. Ses puissants canons montés à l'avant ont été utilisés contre des navires iraniens dans le détroit d'Hormuz, d'après des rapports.
Un débat sur l'avenir de l'A-10
Certaines voix au sein de l'Armée de l'air soutiennent depuis longtemps que le Warthog est trop vieux, trop lent et trop coûteux à entretenir. Ils estiment que le retirer du service permettrait de libérer des fonds pour des priorités de modernisation, telles que le développement d'armes hypersoniques.
Cependant, des critiques mettent en garde contre le fait de réduire la flotte sans un remplaçant adéquat, ce qui priverait les troupes au sol d'un soutien aérien suffisant. Malgré les pressions pour sa retraite, l'A-10 a prouvé qu'il est presque impossible à éliminer, en grande partie grâce à son poids politique.
Impact économique et politique
La plus grande concentration de la flotte est basée à la base aérienne de Davis-Monthan à Tucson, en Arizona, ce qui contribue à l'économie locale. L'Armée de l'air figure parmi les plus grands employeurs de la région. L'Arizona, un État clé, a gagné en influence dans les élections présidentielles américaines.
En 2021, le sénateur de l'Arizona, Mark Kelly, a réussi à contrecarrer une proposition de l'administration Biden visant à retirer des dizaines de ces avions, en obtenant une clause dans la législation de défense qui bloquait toute retraite. Kelly a soutenu que ces avions ne devraient pas être éliminés sans un remplaçant adéquat capable de remplir la mission de soutien aérien rapproché.
Préoccupations logistiques
Les responsables de l'Armée de l'air ont également averti que le maintien de l'ensemble de la flotte met à rude épreuve l'approvisionnement en mécaniciens nécessaires pour entretenir les appareils plus récents. La dernière extension suggère que ces préoccupations, pour le moment, ont de nouveau été mises de côté au profit de la préservation de la capacité de combat.
Conclusion
La décision de prolonger la vie de l'A-10 Warthog jusqu'en 2030 souligne l'importance de cet appareil dans la stratégie militaire américaine, tout en mettant en lumière les défis complexes liés à l'entretien d'une flotte vieillissante face aux exigences modernes du combat.
Reportage par Mike Stone à Washington ; rédaction par Chris Sanders
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