Des astronomes ont récemment observé pour la première fois le 'souffle' de notre système solaire à travers des émissions de rayons X générées par le vent solaire. Grâce au télescope eROSITA, ils ont créé une carte des rayons X doux, révélant des variations inattendues qui pourraient aider à mieux comprendre le vent solaire et son interaction avec le milieu interstellaire. La recherche a été publiée dans la revue Science.
Lors de vos achats via nos articles, Future et ses partenaires de syndication peuvent toucher une commission. Pour la première fois, des astronomes ont réussi à détecter ce que l'on appelle le 'souffle' de notre système solaire. Cette découverte se manifeste sous la forme d'émissions de rayons X, générées lorsque le vent solaire, chargé électriquement, frappe à la fois l'atmosphère de la Terre et la bulle qui entoure notre système solaire, connue sous le nom d'héliosphère.
Le phénomène de l'échange de charge du vent solaire
Ce phénomène, dénommé 'échange de charge du vent solaire', a été observé par le télescope spatial eROSITA, permettant à une équipe de scientifiques de créer une carte du ciel en 'rayons X doux'. Cette lueur aux rayons X est émise lorsque les ions lourds du vent solaire, tels que le carbone et l'oxygène, capturent un électron d'atomes neutres dans notre atmosphère extérieure ou dans l'héliosphère.
Une nouvelle perspective sur les émissions de rayons X
Auparavant, l'échange de charge du vent solaire était considéré comme une interférence ou un bruit de fond perturbant les tentatives des astronomes de mesurer la densité et la température du plasma dans des galaxies lointaines et des amas de galaxies. En produisant la carte la plus claire à ce jour des rayons X doux, cette équipe a validé davantage ce phénomène comme un domaine d'étude fascinant en soi.
Le télescope eROSITA et sa mission
Lancé par l'agence spatiale russe Roscosmos le 13 juillet 2019, eROSITA se trouve actuellement à un point gravitationnel stable entre la Terre et le soleil, connu sous le nom de Point de Lagrange 2 (L2). Ce point est situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre (932 000 miles). Depuis ce point de vue, le télescope à rayons X a pu collecter les données nécessaires pour établir cette carte des rayons X doux en scrutant le ciel quatre fois entre 2019 et 2021.
Une analyse approfondie des données
Gabriele Ponti, membre de l'équipe et astronome à l'Observatoire astronomique de Brera, a déclaré dans un communiqué traduit de l'italien : "Nous étions intéressés par l'étude des émissions de rayons X de la Voie lactée, en particulier du milieu circumgalactique, qui devrait s'étendre en une grande sphère de plasma autour de notre galaxie."
Il a ajouté : "En analysant les données d'eROSITA, nous avons remarqué des variations significatives et inattendues dans cette radiation diffuse. Nous avons réalisé qu'elles ne pouvaient pas provenir de structures galactiques lointaines, qui sont constantes, mais devaient être liées à un phénomène beaucoup plus proche de nous : l'échange de charge du vent solaire."
Isolation de la composante locale des radiations
Konrad Denneri, chercheur à l'Institut Max Planck et membre de l'équipe, a souligné que l'équipe a ensuite pu isoler la composante locale de la radiation, ajoutant : "De cette manière, nous avons non seulement reconstruit une image non altérée des émissions de l'espace profond, mais avons également obtenu des informations précieuses sur le vent solaire émis dans toutes les directions, ainsi que sur ses variations sur une période de deux ans."
Les implications de la recherche sur le vent solaire
Les recherches suggèrent que le vent solaire émis par notre système solaire suit les fluctuations du cycle solaire, s'affaiblissant pendant les périodes d'activité minimale et s'intensifiant lors des périodes de forte activité solaire. "Avec ce travail, ce qui était auparavant un obstacle devient un puissant outil de diagnostic pour l'héliophysique, nous permettant d'étudier les composants du vent solaire et son interaction avec le milieu interstellaire," a déclaré Ponti.
Il a poursuivi : "Comprendre comment les dynamiques de l'héliosphère modifient l'apparence du ciel aux rayons X est fondamental pour interpréter correctement la phase chaude de la Voie lactée."
Publication des résultats
Les résultats de cette recherche ont été publiés le 16 avril dans la revue Science.
Conclusion
Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l'étude de notre système solaire et du vent solaire, transformant un ancien obstacle en un outil d'analyse précieux pour les scientifiques.
Galerie





