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Des chercheurs estiment votre espérance de vie... mais pour l'instant, ils se concentrent sur les poissons

Des chercheurs estiment votre espérance de vie... mais pour l'instant, ils se concentrent sur les poissons
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Une étude menée par des chercheurs de l'université de Stanford utilise l'intelligence artificielle pour analyser le comportement des killifish afin d'estimer l'espérance de vie. Les résultats révèlent que des comportements quotidiens, tels que les habitudes de sommeil et d'activité physique, peuvent prédire la longévité. Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives sur la compréhension du vieillissement et suggère des applications potentielles chez d'autres vertébrés.

Une équipe de chercheurs de l'université de Stanford a récemment réalisé une étude fascinante qui pourrait changer notre compréhension du vieillissement et de l'espérance de vie. Grâce à l'intelligence artificielle et à l'analyse de milliards d'images, ils ont démontré que les comportements quotidiens d'un individu peuvent servir d'indicateurs fiables pour anticiper son évolution biologique.

Le modèle du killifish turquoise africain

Pour tester leur hypothèse, les scientifiques ont choisi d'étudier le killifish turquoise africain, un petit poisson dont la durée de vie est généralement limitée à quelques mois. Ce modèle permet d'observer un cycle complet de vieillissement sur une période très courte. Les chercheurs ont enregistré en continu les mouvements de ces poissons, allant du début de l'âge adulte jusqu'à leur mort naturelle. Grâce à des algorithmes d'apprentissage automatique, ils ont analysé des milliards d'images pour identifier des motifs récurrents dans l'activité quotidienne des poissons.

Des comportements révélateurs

Comme l'a rapporté Science Focus, cette approche a mis en lumière le fait que le comportement peut constituer un indicateur fiable et non invasif du processus de vieillissement. Les résultats de leur étude, publiés dans la revue Science, détaillent l'ampleur de leur analyse. Les chercheurs ont identifié près d'une centaine de séquences comportementales élémentaires, comparables à des unités de base, permettant de reconstituer des trajectoires individuelles tout au long de leur vie.

Des différences de longévité déjà visibles

Les chercheurs ont observé que les différences de comportement apparaissent dès le jeune âge. Entre 70 et 100 jours, les poissons destinés à vivre plus longtemps affichent déjà un profil distinct de ceux qui mourront prématurément. Cette divergence ne résulte pas d'un simple paramètre isolé, mais d'une combinaison cohérente d'habitudes quotidiennes.

Le rôle du sommeil

Le sommeil joue un rôle central dans cette dynamique. Les individus les plus robustes dorment principalement la nuit, alors que les poissons à courte longévité ont tendance à multiplier les phases de repos durant la journée dès l'âge adulte précoce.

L'importance de l'activité physique

Un autre marqueur clé de la longévité est l'activité physique. Les poissons les plus actifs nagent de manière vive et spontanée pendant la journée, ce qui augmente leur probabilité de vivre plus longtemps. Grâce à des modèles prédictifs, quelques jours d'observation au milieu de la vie suffisent pour estimer l'issue future de ces poissons.

Des insights génétiques précieux

Les analyses génétiques menées par les chercheurs ont révélé que les animaux à longue vie présentent des modifications dans des voies métaboliques et ribosomales, tout en montrant une activation limitée des mécanismes inflammatoires généralement associés au vieillissement. Cette étude met également en évidence un aspect inattendu : le vieillissement ne progresse pas de manière linéaire.

Des périodes de stabilité et des transitions rapides

Les trajectoires comportementales des poissons révèlent des périodes de stabilité relativement longues, suivies de transitions rapides vers de nouveaux stades. Il apparaît que le temps biologique est structuré en étapes successives plutôt qu'en une pente douce.

Implications au-delà du règne animal

Les chercheurs suggèrent que certains des comportements prédictifs identifiés pourraient être également observés chez d'autres vertébrés. À une époque où les montres connectées mesurent en permanence l'activité et le sommeil, il devient envisageable d'exploiter ces données comme indicateurs indirects de l'espérance de vie.

Vers une compréhension plus profonde du vieillissement

L'enjeu de cette recherche ne se limite pas à prédire une durée théorique de vie. Il s'agit plutôt de comprendre où se situe un individu sur sa trajectoire biologique réelle. L'analyse approfondie des rythmes quotidiens ouvre de nouvelles perspectives sur le vieillissement et offre des pistes pour le suivre, l'interpréter et peut-être même le moduler tout au long de la vie.

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Source

Science et Vie

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